Trois musiciens d'ici prennent les murs : portraits en relief d'Yves, pastels à fleur de peau de Jacky, scènes truculentes de Sylvère. Trois voix, un même plaisir.
Trois voisins, trois musiciens, trois langages. Quand ils ne sont pas sur scène, Yves Gerin-Mombrun, Jacky Dutoit et Sylvère Soria peignent, et leurs univers ne se ressemblent pas du tout. C'est exactement ce qui rend l'accrochage savoureux : on passe d'un mur à l'autre comme on changerait de morceau.
Yves Gerin-Mombrun peint des visages qui regardent droit, puis leur donne de la matière à vivre : vraies plumes et perles autour d'un visage amérindien, tôle perforée sous les mineurs de « L'Écharpe rouge », unes de journaux d'époque autour d'un Zola au regard clair, chants et mots calligraphiés à même la toile. Des portraits-hommages qui débordent du cadre, littéralement, et qui portent des mémoires : celles des peuples, des luttes, des visages qu'on n'oublie pas. On s'approche pour toucher, on reste pour écouter.
Jacky Dutoit, lui, baisse la lumière. Ses pastels saisissent l'intime au plus près : des mains jointes devant un visage, un dos qui ondule comme un paysage, des étreintes esquissées dans un grain de poudre. La couleur est douce, presque chuchotée, le geste d'une grande tendresse. Comme une chanson murmurée à la tombée du jour : pudique, sensuel et très habité.
Avec Sylvère Soria, la fête entre dans la salle. Scènes de bistrot et cabarets truculents, personnages cernés de noir, chapeaux, moustaches et verres levés, bouquets qui explosent au milieu de calligraphies inventées. Une peinture libre et gourmande, cousine de l'art brut, qui glisse un sourire en coin dans chaque visage et ne se prend jamais au sérieux.
Trois univers qui s'accordent comme un bon trio : chacun sa voix, le même plaisir de jouer. À découvrir un verre à la main, en attendant que la musique commence.
Quand on pose les instruments, les mains continuent de jouer.
Quand on pose les instruments, les mains continuent de jouer.
Une sélection du parcours accroché en salle. Œuvres généralement disponibles à la vente : nous écrire pour le catalogue raisonné.
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